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1 posts categorized "Rodolphe Dougoud"

11/20/2012

On Living Abroad

La version française de ce blog se trouve plus bas, si vous préférez lire en VO.

I wrote this blog both in French and English, so that my friends and family back home can read it as well as all my English-speaking my classmates.

                On my first day in China, my plane landed in Shanghai. I then took the train from Shanghai to Nanjing. I took a cab from the Pudong airport in order to get to the train station, and hence had the first of the many culture shocks I would experience in the ninety days leading up to today. The cab was constantly changing lanes on the highway and speeding past every other car, ranking up there with the New York taxis in the rating of most frightening car experiences I have ever had. I have since learnt that my driver was in all likeliness not actually out of his mind, but that it is rather customary for cabs in China and drivers in general to somewhat ignore traffic laws and what Westerners would consider common driving courtesy.

When I left France for the US two years ago, I was prepared to live a completely different life, and was warned about culture shock from many of Penn’s faculty worried about their international freshmen. It was, however, nothing compared to what I have experienced in China. Living abroad in the US has been different from France mostly because of the way people consider me, much more than because cultural differences between me and American students led to incomprehension or conflict. We are all Westerners, and I have rapidly learnt about how to bridge the few differences that existed between American people and me. Paradoxically, living in the US has mostly changed me by making me more aware of my French heritage than I ever was. People in the US see the French person in me before they see Rodolphe. For instance, all you American readers out there probably just thought something along the lines of “What a strange name. Silly French people.” I have hence started playing on that, acting foreign enough that American people see something different and somewhat exotic in me, but not too different that they would not treat me like they would fellow Americans.  That is to say, I can understand American culture and behavior and never have any problem interacting with Americans and making friends in the US, but anything I do that might seem weird if I actually was American is dismissed with a simple “French people !”

This is quite different in China. I have been here almost three months now, and have travelled to several places in China – Shanghai, Beijing, Nanjing of course, and the Silk Road – and yet am still in the process of understanding China. The first and foremost thing to remember is that of course, anything I say about Chinese people in general is only a generalization and is different on an individual level. I am only pointing out general trends one would not find in Western countries.  There are many of those. Most of you probably already know about the surprising aspects of China. For instance, people might push you in the street or bump into and have absolutely no regard for you, not even turning around to apologize. Or going into a shop, the vendor will likely say neither hello nor thank you. And, contrary to something many Westerners think, Chinese people do not apologize all the time. I realized that I apologize much more in English than I ever do in Chinese. These differences used to bother me a lot, as I could not understand them and did not know how to relate to them. Then a few days ago, I realized that it seemed that most Chinese people act as if everyone was one big family. Paradoxically, one is not as polite with people he loves as with people he does not care about. I swear at my friends – admittedly jokingly – much more than I ever would strangers. If I cut in line in front of my family members they will most likely not care. Chinese people, especially older people, love to give advice to younger people, much like grandparents would with their grandchildren. I used to find it annoying that complete strangers would tell me what I should do, but since I started to think that they probably kind of considered me as family, I appreciate their advice much more. It also explains why people I just met feel comfortable telling me that I am handsome, in the same way a cousin or an aunt would, without any flirting connotations to it. Habits that used to seem rude to me now remind me that Chinese culture seems to simply see less barriers between people than Westerners do.

Living abroad in China and in the US have been completely different experiences. China took longer to get accustomed to, and still sometimes requires effort to understand, probably because of how different it is from France. On the other hand, French and US culture are close enough and I have spent enough time in the US that I have now internalized American culture and do not need to think about it to react to American customs. I hope that I might one day do the same with China.

 

 

Lors de mon arrivée en Chine, mon avion atterrit à Shanghai, d’où je devais prendre un train jusqu’à Nanjing. Je pris un taxi pour aller de Pudong jusqu’à la gare, et c’est ainsi que j’eus mon premier choc culturel. Il s’ensuivit bien d’autres dans les quatre-vingt dix jours suivants, jusqu’aujourd’hui. Le taxi ce jour-là changeait constamment de file sur l’autoroute et dépassait les autres voitures à toute vitesse. A part peut-être dans les taxis new yorkais, je n’ais jamais été aussi effrayé en voiture. Depuis, j’ai appris que le conducteur ce jour-là n’était pas ivre ou complètement dingue, mais qu’il est normal en Chine pour les conducteurs en général et les chauffeurs de taxis en particulier d’ignorer la plupart des lois de la route et ce que la plupart des Occidentaux considèrerait comme étant la moindre des politesses lorsqu’ils conduisent.

                Quand je suis parti de France pour aller étudier aux Etats-Unis il y a deux ans, je m’étais préparé à vivre une vie complètement différente, et j’avais été averti par de nombreux membres de l’Université de Pennsylvanie –  inquiets  pour leurs étudiants de première année – que je pouvais m’attendre à être surpris par certaines facettes de la culture américaine. Cependant, ce n’était rien en comparaison à ce que j’ai vécu en Chine. Au fond, il y a peu de différences culturelles entre Américains et Français : nous sommes tous occidentaux, et les quelques différences qui m’ont étonnées au début de mes études aux Etats-Unis ont rapidement été comblés. Ce qui me pousse à agir différemment aux Etats-Unis qu’en France c’est plus la façon dont les gens me considèrent, me perçoive. Paradoxalement, vivre aux Etats-Unis me fait plus penser à ce que « être Français » signifie que vivre en France n’aurait pu le faire. Les Américains voient plus en moi l’ambassadeur de la culture Française que Rodolphe. J’ai donc commencé à jouer là-dessus, agissant de façon exagérément étrange pour paraître légèrement exotique aux yeux des Américains. C’est ce que je fais par exemple en écrivant ce blog à la fois en Anglais et en Français. De cette façon, je n’ai que très rarement de conflit due à des différences de culture avec les Américains, mais cela me permet aussi d’agir de façon que je ne permettrais pas en France, puisque si cela est trop inapproprié les Américains le considèreront simplement comme une habitude de Français et ne m’en voudront d’agir de façon inhabituelle.

                Ce n’est pas le cas en China. Cela fait trois mois que je suis ici,  j’ai été dans diverses parties de la Chine – Shanghai, Beijing, Nanjing bien sûr, et la Route de la Soir – et pourtant il y a encore des jours où j’ai du mal à comprendre la Chine. Avant tout, je voudrais simplement rappeler que tout ce dont je parle ici ne sont que des généralisations et ne s »applique pas toujours au niveau individuel. Je ne fais que rapporter ici des habitudes que de nombreux Chinois avaient et qui m’ont surpris. Par exemple, pour ceux qui ne sont pas familier avec la Chine, on est souvent bousculé dans la rue par quelqu’un de pressé qui ne voit pas l’intérêt de s’excuser. De la même façon lorsque je vais dans un magasin il est généralement inutile de dire bonjour ou merci, le vendeur lui-même ne s’encombrant que rarement de ces politesses. Contrairement à ce que la plupart des Occidentaux pensent, les Chinois ne s’excusent que rarement. Je m’excuse bien plus souvent lorsque je parle Français ou Anglais que lorsque je parle Chinois. Ces différences culturelles me dérangeaient beaucoup car je ne pouvais pas les comprendre et ne savais pas comment y réagir. Mais il y a quelques jours, je me suis aperçu que la façon dont les Chinois agissent semble indiquer qu’ils considèrent que nous faisons tous partie d’une grande famille. Paradoxalement, on est bien moins poli avec sa famille et ses amis qu’avec  des étrangers. Je jure bien plus avec des amis – en plaisantant ça va de soi – qu’en présence d’étrangers. Il importe peu à ma famille que je les double dans une file d’attente. Les Chinois, particulièrement d’un certain âge, adorent donner des conseils aux plus jeunes, de la même façon que des parents ou des grands-parents pourraient donner des conseils à leurs enfants. Cela m’énervait, mais maintenant que je pense qu’ils me considèrent probablement plus ou moins comme un membre de leur famille, j’apprécie leurs conseils. Cela explique aussi pourquoi des Chinois que je connaissais à peine n’avaient pas de problèmes à me dire qu’ils me trouvaient beau même s’ils avaient la double de mon âge : c’est ce qu’un cousin ou une tante ferait, ils n’avaient aucune arrière-pensées. Des habitudes culturelles qui me troublaient au début du semestre me semblent maintenant simplement être le témoignage du fait que les Chinois voient beaucoup moins de barrières entre les gens que les Occidentaux.

                Vivre en Chine et aux Etats-Unis, bien que tout les deux à l’étranger, à été complètement différent. J’ai mis longtemps à comprendre et à accepter les habitudes Chinoises, peut-être parce qu’elles étaient si différentes des habitudes françaises. Quant aux Etats-Unis, j’y ai passé suffisamment de temps et leur culture était suffisamment proche de la culture française pour avoir ne même plus avoir à penser à comment réagir à des situations typiquement américaines qui auraient pu me surprendre il y a deux ans. J’espère pouvoir un jour faire la même chose avec la Chine.

 

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The camera isn't tilted, the wall is. C'est la muraille qui est penchée, pas la caméra.

 


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Brian, Kris and I at Kunlung Monastery. Brian, Kris et moi au monastère de Kunlung.